Ces projets seront signés minuit, toujours.
C’est mon autre nom, celui qui me protège et qui parle, à qui veut l’entendre, de l’odeur du vent du Nord, du goût salé des embruns et de la houle sous la lune.

Minuit, donc, se tient à l’entre-deux, où se croisent l’art et le design. Elle utilise pêle-mêle et sans limite la sculpture, l’installation, l’aquarelle, la photographie, l’écriture, le dessin… peu importe la technique, pourvu qu’elle fasse sens et respecte la nature. Seule ou en collaboration, elle créée des objets, en volume ou non, qui seront mis en scène dans des espaces, incarnations de rêves aquatiques.

Elle compare son travail à un banc de sardines : chaque projet est indépendant, unique. Cependant, la myriade s’accorde dans une danse globale, fluide et poétique. Ainsi, tous les éléments peuvent être séparés les uns des autres et fonctionner de manière autonome.

Mais ils se nourrissent, dialoguent et s’influencent. Les objets produits sont disposés, photographiés, exposés seules, goupés ou encore réutilisés pour de nouveaux projets. Ils se répondent inlassablement.

Il s’agit d’inventer des mondes où limites deviennent floues, entre réalité et fiction. Et l’artiste aime nager en eau trouble, changer d’échelle pour changer de regard, naviguer à vue dans la brume, jouer aux frontières invisible de la plage à la mer.Un travail documentaire dense et son déplacement physique sur le terrain font naître des idées et des ren- contres impossibles : les peuples du Nord deviennent les habitants d’un monde englouti, où les harpons se transforment en sacs et les rochers posent des questions.

Embarquons. Là.
Vers cet ailleurs, qui s’agite sous la surface.